Vente à distance des livres : un enjeu pour la fillière

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Nathalie Goulet, invitée de « Paris est à vous » sur BFM TV qui avait pour thème « L’avenir des libraires en question »

Voici son intervention en séance à l’occasion de la première lecture du texte sur la vente de livres à distance :

Mme Nathalie Goulet . – « L’ennui naquit de l’uniformité… » Je ne suis pas du tout convaincue par ce texte. Pour être membre de la commission des affaires étrangères, je ne baigne pas dans le bouillon culturel. Ce texte ne modifiera pas la pratique de l’achat en ligne. Tout le monde n’habite pas à Paris, à cinq minutes d’une librairie. Quant à l’Amazon bashing, je n’y crois guère. Ce texte, finalement, vise à contourner l’arrêt de la Cour de cassation du 6 mai 2008 qui a autorisé la prise en charge des frais de port pour les ventes à distance.

Comment calculer ces frais de port : au poids, au pourcentage ? Les clients d’Amazon et des librairies indépendantes ne sont pas identiques. Une différence de quelques centimes changera-t-elle la donne ?

L’enjeu global est légitime ; le texte ne répond toutefois pas aux enjeux. Nous sommes en temps de rentrée littéraire, celle de janvier. Combien de livres devront installer les libraires ? Cinq cent quarante-sept ! Seuls la Fnac ou des librairies comme Gutenberg peuvent faire face. L’économiste du XIXe siècle Frédéric Bastiat dénonçait ironiquement en son temps la concurrence exercée par le soleil sur les fabricants de chandelles

Madame la ministre, je ne suis pas certaine qu’on encourage la lecture en mettant des tablettes numériques entre les mains des enfants.

Ce texte, tout au moins, mériterait une étude d’impact ; il renforcera magistralement le livre numérique. Un jour ou l’autre, il faudra bien mettre sur la table les questions de la fiscalité du livre et de l’intervention des pouvoirs publics dans ce secteur. Les frais de port, finalement, c’est symbolique, pour ne pas dire cosmétique. Je m’abstiendrai tandis que le groupe UDI-UC votera ce texte. (M. Yvon Collin applaudit)

Mme Nathalie Goulet. – J’ai bien entendu les arguments en faveur de cet amendement. Mais autoriser le Gouvernement à prendre des ordonnances au moyen d’une proposition de loi est bien audacieux.

Je veux revenir sur l’engorgement de notre ordre du jour du fait des élections municipales. Ceux d’entre nous qui ne brigueront pas d’autre mandat seront empêchés de travailler : c’est un encouragement au cumul… Parce que je fais confiance à notre rapporteure je voterai néanmoins cet amendement, à titre exceptionnel

….

Mme Nathalie Goulet . – Livre, média, journaux : il faut évaluer le soutien aux filières sans attendre les rapports de la Cour des comptes. Que le ministère de la culture le fasse spontanément : les contribuables lui en seront reconnaissants, ainsi que les parlementaires.

Retrouvez l’ensemble des débats de la Séance du 8 Janvier 2014, ainsi que l’intervention de Nathalie Goulet en deuxième lecture sur ce lien.

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