La situation est terrifiante, jour après jour, la contagion des conflits régionaux s’étend au territoire de la Syrie, terrain de guerre par procuration.

La Syrie, terrain de guerre par procuration

La situation est terrifiante, jour après jour, la contagion des conflits régionaux s’étend au territoire de la Syrie, terrain de guerre par procuration.

L’aviation israélienne a abattu un drone iranien alors que l’aviation Syrienne abattait un F16 israélien. Par ailleurs, plusieurs objectifs syriens et iraniens ont été bombardés par l’aviation israélienne. Si on ajoute les interventions de la Turquie, les bombardements russes à l’appui du régime de Bachar El Assad, la situation des zones de Goubah et Idlib, le paysage est effrayant. Simplement effrayant!

Je ne vais pas reprendre tous les commentaires des spécialistes de la zone mais je voudrais simplement relever la grande fragilité, l’extrême précarité de la sécurité dans la région. On le sait, la zone est fragilisée par le conflit que se livrent par procuration l’Iran et l’Arabie Saoudite. L’Arabie et ses alliés du Conseil de coopération font bloc contre l’ennemi iranien et ses proxies, notamment Houthis au Yemen, Hezbollah au Liban, les Shiites à Bahrein. La situation est d’ailleurs de plus en plus tendue, d’autant qu’aucune solution ne semble se dégager dans la crise entre les Pays du Golfe et le Qatar et ce pour cause de trop grande proximité avec l’Iran, pourvoyeur du terrorisme, de l’instabilité et de l’interventionnisme régional.

A Ryad, le discours est clair, l’Iran ne peut plus continuer en toute impunité à déstabiliser la région

Ce durcissement apparaît très clairement dans les discours officiels mais aussi dans les faits: l’opération menée contre le Hezbollah il y a quelques semaines n’est pas terminée, et d’ailleurs les Saoudiens ont, sur place au Liban, de nombreux alliés qui revendiquent leur soutien.

Donc si on dresse un bref état des lieux de la région, nous avons:

– Un Liban à reconstruire à la veille d’élections parlementaires espérées, terrain d’affrontement entre le Hezbollah pro iranien et les forces soutenues par l’Arabie Saoudite

– Le Yemen dévasté, autre terrain d’affrontement des pays du Golfe et des Houthis soutenus et armés par l’Iran

– La Syrie en lambeaux où s’affrontent directement ou indirectement Israël, la Turquie, La Russie, l’Iran

– Le Conseil de Coopération des Pays du Golfe sous haute tension, le Qatar refusant de se soumettre aux demandes de ses voisins, il faudra attendre le sommet de Camp David, en mai, et peut-être la Pax Americana pour voir surgir une solution négociée.

Dans une région sur armée, le moindre incident mettra, sans aucun doute, le feu à cette poudrière.

La troisième guerre du Golfe se dessine sous nos yeux

Seul le Président Macron par sa réactivité et ses multiples déplacements dans la zone en Arabie Saoudite, et au Qatar semble avoir perçu ces risques d’embrasements. L’Europe muette est inexistante, Madame Mogherini semblant parfois plus préoccupée par protéger l’accord sur le nucléaire iranien que par la stabilité de la région.

A vrai dire, l’accord sur le nucléaire iranien est une succession de déceptions pour les iraniens eux-mêmes, qui ont montré en décembre dans les rues leur mécontentement, mais aussi pour la communauté internationale qui voit se déployer le programme balistique iranien.

Là encore seul le président Macron a exprimé fortement et sans ambiguïté son opposition à ce programme. « L’Iran parle comme la Suède mais agit comme la Corée du Nord » peut on lire dans la presse de Ryad.

Une chose est certaine il faut mettre un terme à ce dérapage incontrôlé. Il semble que face à une Amérique imprévisible, une Europe absente, seule la France pourrait faire entendre à l’Orient compliqué la voix de la raison!

Source : https://www.huffingtonpost.fr/nathalie-goulet/qui-va-stopper-l-escalade-vers-la-troisieme-guerre-du-golfe_a_23358517/

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