Il faut accompagner, sans naïveté, les efforts de modernisation du Royaume et surtout tenter de comprendre la réalité d’un pays fort de ses traditions et de ses obligations à l’égard du monde arabo-musulman.

La France accueille le prince Héritier d’Arabie Saoudite Mohammed ben Salmane dit « MBS ».

Cette visite suscite des torrents de curiosités et des fleuves de commentaires, notamment de personnes ne l’ayant, et pour cause, jamais rencontré et qui n’ont, de surcroît, jamais mis les pieds en Arabie Saoudite.

Depuis son avènement comme prince héritier d’Arabie Saoudite, le monde a les yeux tournés sur les faits et gestes de ce prince, qui désormais conduit aux destinées de ce grand pays.

Les challenges ne sont pas minces.

A l’intérieur, moderniser le pays sans choquer les éléments les plus traditionalistes, veiller à une meilleure répartition des richesses et à une économie qu’il faut diversifier. A l’extérieur, changer l’image que l’Arabie a donné au monde pendant des dizaines d’années, veiller aux alliances et aux frontières, à la sécurité du royaume et lutter contre l’ennemi héréditaire et ses proxies, l’Iran.

Tout cela a été dit, répété, disséqué.

MBS n’est pas un simple objet de marketing, pour l’avoir rencontré longuement en 2016, j’ai pu constater qu’en 18 mois, beaucoup de ses projets avaient reçu un commencement d’exécution.

La vision 2030 est amorcée tant dans les mentalités que dans les faits n’en déplaisent à certains

Avec l’Arabie Saoudite 2018, il faut changer de paradigmes, en finir avec les idées reçues sur un pays archaïque à la gouvernance hasardeuse, achetant ses alliés et jouant au Monopoly sur la planète à coup de pétrodollars.

Oui, les idées reçues rendent paresseux, elles évitent les remises en question et de transmettre de façon moutonnière.

Et oui, il faudra sans doute revenir sur nos idées reçues et nos préjugés en ce qui concerne l’Arabie Saoudite 2018, et sans doute celle de 2030.

D’un ton condescendant, des journalistes parlent à longueur de pages du « jeune » prince.

Non, il faut parler du prince héritier, qui dispose d’une équipe structurée et motivée pour changer le pays.

« MBS’s Angels »

Des femmes de tous les milieux, MBS et ses « drôles de dames » pour parodier le feuilleton Charlie’s Angels.

Elles ne sont pas sorties d’une pochette surprise,elles ne sont pas non plus une génération spontanée, depuis longtemps, elles travaillent à forger leur place dans la société saoudienne, elles trouvent, avec la politique et la vision 2030, le moyen d’être de mettre leurs compétences visiblement ostensiblement au service de la modernisation du pays .

Loin d’être un gadget, MBS en fait une force de frappe, elles s’appellent:

-Hoda al-Helaissi, membre du conseil consultatif, véritable tour de Babel,parlant 8 langues elle préside le département de traduction de l’université Kind Saud.

-Lina AlMaeena, membre du conseil consultatif, a fondé un club de sport et multiplie depuis 2006 les actions de promotion du sport, notamment pour les femmes, pour les promouvoir,avec le club Jeddah United, au niveau olympique.

-Raedah Bunyan, membre du conseil consultatif

-Abir AbuSulayman, première femme tour operator en ArabieSaoudite, également diplômée de littérature anglaise.

-Mayada Badr, chef d’entreprise, a développé des chaînes de pâtisseries.

-Munira Jamjoom, investie dans les domaines de l’éducation.

-Mona Khazindar, ancienne directrice générale de l’Institut du monde arabe, figure internationale très reconnue dans le domaine de l’art et de la conservation du patrimoine.

-Sarah Al Ayed, développeur de programmes humanitaires et éducatifs.

-Princesse Rima bint Bandar bin Sultan, vice-présidente de l’autorité générale du sport

-Princesse Louloua al Fayçal, présidente de l’association féminine Al Nahda. Francophone. Sœur de feu Saoud el Fayçal

-Mounira Jamjoum, chef d’entreprise. Francophone

-Lujain al Obeid, chef d’entreprise.

-Jawaher al Sudairy, présidente du centre de recherches de l’association féminine Al Nahda

Au service de cette vision 2030, des communicants, bien entendu et des moyens, mais aussi une volonté politique.

Bien sûr, tout ne se fera pas en même temps.

Les réformes entreprises depuis 18 mois sont plus nombreusesqu’en 40 ans, prenons la lutte anti-corruption, la lutte contre le blanchiment et la lutte contre le financement du terrorisme.

L’Arabie Saoudite travaille depuis des années maintenant à enrayer ces financements illégaux.

Vous êtes sceptiques?

L’Arabie participe aux travaux du groupe Egmont, est membre du GAFI au titre du Conseil de Coopération des Pays du Golfe, et aussi observateur ut singuli au sein du GAFI ,et coopère avec toutes les instances de régulations internationales.

Son travail sur la lutte contre le financement du terrorisme, le blanchiment et la corruption, va bien au delà des péripéties de l’Hôtel Ritz Carton qui ont défrayé la chronique.

Des mesures concrètes ont été prises par le Royaume depuis longtemps.

Ainsi, l’Arabie a interdit les dons en espèces ou Zakat, les dons en faveur d’œuvres de charité doivent être fléchées par virement bancaire au profit d’organisations certifiées, de même aucun virement vers l’étranger n’est désormais possible sans justificatif et vérification du bénéficiaire.

Ce changement radical est inscrit dans les décrets royaux et dans les textes de la Choura et mieux qu’inscrits appliqués.

C’est un grief récurrent contre ce pays qui a pris les mesures pour y mettre un terme.

De même le Royaume s’est doté d’un outil de lutte contre le terrorisme sur les réseaux sociaux, en créant un FBI saoudien, ETIDAL, véritable phénomène technologique, capable d’analyser des millions de messages/minutes et d’identifier l’origine des messages haineux ou en provenance de groupes terroristes .

Une mine de renseignements utile dans le lutte contre le terrorisme.

Sur le plan international la vision de l’Arabie est claire, celle du prince héritier aussi ,assurer la sécurité du Royaume, dans le cadre des accords internationaux c’est dans un cadre international que l’Arabie est intervenue au Yémen cette guerre oubliée pour venir à bout des milices Houthis, armées par l’Iran qui minent le pays et menacent la sécurité du Royaume, les missiles tombés sur Ryad récemment en sont la preuve!

L’Arabie entend jouer son rôle de puissance régionale dans les organisations régionales et internationales et c’est une excellente chose.

Combattre une réputation controversée est tâche longue et difficile il en va des individus comme des États.

Il faudra du temps pour convaincre et du temps pour les questions liées aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales.

Paris ne s’est pas fait en jour, Ryad non plus…

Bien entendu tous les efforts objectifs faits par ce pays en terme d’ouverture au monde, sont à remettre en perspective dans le contexte local d’un pays musulman, soumis à la Charia. Nous ne pouvons en France adhérer à ces pratiques, qui relèvent néanmoins de la souveraineté de l’Etat saoudien.

Il faut accompagner, sans naïveté, les efforts de modernisation du Royaume et surtout tenter de comprendre la réalité d’un pays fort de ses traditions et de ses obligations à l’égard du monde arabo-musulman comme Gardien des Deux Mosquées.

La rencontre de MBS à New York avec les principaux acteurs de la communauté juive et ses déclarations sur le droit à l’existence d’Israël sont des actes forts preuves d’un engagement et d’ouverture que personne n’aurait imaginé il y a encore quelques mois.

Tout cela n’est pas sans risque, dans un monde plus prompt a l’intolérance qu’au respect de la différence! c’est pourquoi je le répète il faut suivre et accompagner la vision 2030.

Une Arabie Saoudite ouverte sur le monde est un gage de stabilité et de paix pour la région et le monde.

Source : https://www.huffingtonpost.fr/nathalie-goulet/ce-quil-faut-savoir-de-larabie-saoudite-de-mohammed-ben-salmane-pour-comprendre-son-role-crucial-dans-la-region_a_23406005/

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