300 bovins décollent pour l’Iran

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Formulée il y a près d’un an, la commande d’un investisseur iranien a abouti, ce vendredi 13 octobre 2017, à l’envoi d’un premier lot de bovins ornais à destination de l’Iran. Le début d’une relation commerciale fructueuse ?

Quel souvenir garderont-ils de ce vendredi 13 ? Celui de l’avion, peut-être, dans lequel ils sont montés pour, vraisemblablement, l’unique fois de leur existence… 310 broutards normands, de jeunes bovins de 6 mois environ, viennent de quitter le plancher des vaches, un aller simple pour Téhéran, en Iran, dans la panse.

Les jeunes charolais, qui ont quitté quelques heures plus tôt leurs prairies ornaises, sont des précurseurs : ils sont les premiers animaux destinés à la consommation à être envoyés vivants en Iran, depuis la France. Les premiers d’une série espérée longue. « Si tout se passe bien, ce sont 10 000 animaux qui partiront sur l’année », indique Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne.
L’élue, qui cultive des relations avec le Moyen Orient, a beaucoup œuvré pour la réussite de cette opération, dont les prémices avaient fait le buzz en novembre. Dans les salons de l’ambassade, à Téhéran, le président de Région, Hervé Morin, avait été interpellé par le propriétaire d’un abattoir à la recherche d’animaux de qualité. Les mois qui ont suivi ont permis de régler les étapes sanitaires et administratives. Jusqu’à arriver, ces dernières semaines, à la sélection des animaux, dans des fermes ornaises.

La présidente du syndicat FDSEA 61, Anne-Marie Denis, a surveillé avec vigilance les conditions de chargement des bêtes dans les boxes à bord desquels elles allaient voyager cinq heures durant. « C’est une opportunité pour nous : un premier débouché pour des animaux vifs, et peut-être, ensuite, la possibilité d’envoyer des produits transformés à plus forte valeur ajoutée. » Thierry Clérembaux, agriculteur et conseiller départemental de l’Orne, qui a soutenu Nathalie Goulet dans cette entreprise, nourrit l’ambition de « donner le goût de la viande en Iran, pays aux 80 millions d’habitants ».

Les 310 bovins partis ce vendredi ont été payés au prix du marché : 309 000 €. Mais ils ont le goût de l’espoir : la création d’une nouvelle filière d’export pour l’élevage normand et la mise en œuvre de nouveaux partenariats. « J’étais à Paris il y a deux jours avec le ministre de l’Agriculture iranien, souligne Nathalie Goulet. Stéphane Travert a signé des protocoles sur les plantes médicinales, les contrôles sanitaires et la formation des vétérinaires. » La liaison entre la Normandie et l’Iran a vécu ses prémices. Ce vendredi 13 sera peut-être un jour de chance pour la Normandie.

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