Nathalie Goulet est rapporteur du rapport sur le financement du terrorisme au sein du comité sur les relations économiques transatlantiques de l’OTAN.

Les gouvernements occidentaux engagés dans une lutte persistante et difficile contre le terrorisme sont contraints d’intervenir à plusieurs niveaux. Cette lutte implique généralement de nombreux ministères et tout un éventail de forces de sécurité et de police. Néanmoins, son aspect financier revêt une importance croissante. Les organisations terroristes ne peuvent en effet fonctionner sans financement et cette exigence représente un talon d’Achille potentiel qui les expose à des contre-mesures, tout en offrant un champ d’enquête aux forces chargées de lutter contre le terrorisme. Même les organisations terroristes isolées et autonomes ne peuvent souvent se limiter à leur environnement immédiat pour obtenir et transférer des fonds, ce qui offre aux responsables de la lutte contre le terrorisme une possibilité unique et essentielle de pister et de nuire à ces organisations. Celles-ci possèdent toutefois une grande capacité d’adaptation et leurs techniques évoluent parallèlement au renforcement des réglementations et à la compréhension des méthodes utilisées par leurs adversaires.

Le défi est de taille. Le terrorisme revêt une multitude de formes et de dimensions. L’Etat islamique en Irak et en Syrie (EIIS) ou Daech est désormais considéré comme la plus importante et la plus riche organisation terroriste, contrôle une vaste portion de territoire en Syrie et en Iraq, et adopte la forme sinon la légitimité d’un quasi-Etat, disposant de multiples formes de financement pour ses opérations militaro-terroristes. Il est également évident que les « loups solitaires » qui opèrent dans un isolement relatif peuvent perpétrer des attentats psychologiquement dévastateurs, aux conséquences politiques considérables. Au-delà de l’adhésion collective à une mission, ce qui unit ces deux extrêmes est un besoin commun de financement pour accomplir des opérations et soutenir ceux qui les mènent, et couvrir les dépenses liées à l’organisation, à la propagande et au recrutement. En règle générale, plus l’organisation est grande, plus il semble facile de suivre ses canaux de financement. A cet égard, les « loups solitaires » peuvent poser un énorme problème, car ils n’ont besoin d’aucun financement externe et agissent donc à l’abri des regards de ceux qui cherchent à « remonter à la source de l’argent ».

Le combat contre le financement des organisations terroristes joue donc un rôle central dans la lutte contre celles-ci. Le présent rapport se propose d’examiner la manière dont cet aspect de la lutte est désormais mis en œuvre, comment il peut conduire à des résultats et quels sont les obstacles persistants qui se présentent à l’heure de démasquer ces groupes par le biais d’enquêtes financières.

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