Sénat : Dassault toujours protégé

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A contre-courant de tous les paris, qui prévoyaient que l’immunité parlementaire du sénateur UMP Serge Dassault serait levée, la commission a rejeté les demandes des juges. Des voix de gauche ont manqué.

L’image du Sénat, déjà brouillée par son rejet de textes emblématiques du gouvernement comme les lois de Finances ou le non cumul des mandats, devrait être entachée par son refus, hier, de lever l’immunité parlementaire du milliardaire Serge Dassault (UMP).

« Dans une période où les citoyens doutent fort de leurs institutions, où la défiance envers les élus est en berne, cela ne fera qu’en rajouter », s’alarme la sénatrice communiste Michèle Demessine.

Le bureau du Sénat, chambre passée à gauche depuis septembre 2011, a rejeté hier la demande de levée de l’immunité parlementaire de l’industriel Serge Dassault, dans le cadre d’une enquête sur des achats présumés de votes à Corbeil-Essonnes (Essonne).

« Cette décision est un désastre, un carnage en terme d’image. J’arrive de Londres, en essuyant une tempête sur les réseaux sociaux alimentés par le ‘‘tous pourris’’ », s’émeut la centriste Nathalie Goulet.

La réputation de la deuxième chambre du Parlement, celle des collectivités locales, mal connue des Français notamment du fait de son élection au suffrage indirect, est régulièrement mise au pilori pour son train de vie.

Son basculement à gauche en 2011 pour la première fois de son histoire a paradoxalement brouillé encore plus les cartes. La deuxième chambre du parlement est devenue un vrai cauchemar pour le gouvernement socialiste, qui voit ses textes de loi soit rejetés soit totalement réécrits. En cause : une majorité de gauche fragile, de seulement six voix, C’est cette majorité introuvable qui a permis le refus de lever l’immunité parlementaire de Serge Dassault.

Les réactions à gauche ont été d’autant plus virulentes que les deux voix de gauche qui ont manqué à l’appel resteront anonymes, le vote étant secret.

« C’est un scandale, une décision incompréhensible et choquante », a pesté EELV. « Je suis écoeuré de ces défections », s’est emporté David Assouline, sénateur et porte-parole du PS. « Indignes », a tonné le sénateur et numéro un du PCF Pierre Laurent.

Quant à Marie-Noëlle Lienemann (PS) qui a participé au vote, elle assure qu’il« n’y a pas eu de loupé chez les socialistes » assurant « que chacun d’entre nous a vu le bulletin de l’autre ».

Ce même jour où les sénateurs refusaient de lever l’immunité de Serge Dassault, ils rejetaient à nouveau, en commission des Lois, le non cumul des mandats pour eux-même, le laissant aux seuls députés.

Un combat acharné en faveur des « cumulards » que le Sénat justifie par sa spécificité mais qui est souvent vu par l’opinion comme un combat pour la préservation des avantages des sénateurs.

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