Les jeux de Baku, les jeux de l’intolérance médiatique

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Article publié dans le Huffington Post

INTERNATIONAL – La République d’Azerbaïdjan organise du 12 au 28 juin les premiers Jeux européens, les jeux de Baku. Ces jeux sont l’occasion d’un déferlement d’articles bien-pensants qui ne mettent en exergue que la violation des droits de l’homme et la corruption dans le pays; le tout avec le ton condescendent de la satisfaction du devoir accompli: celui d’éveiller les foules à la « réalité » de ce pays pour eux « infréquentable ».

De tout cela je suis un peu lassée et pour tout dire agacée. Alors, en quelques mots…

L’Azerbaïdjan est un pays récent. Il est notre allié dans le Caucase sud, alors que l’Arménie est la marionnette de la Russie et que la Géorgie subi l’occupation de l’Ossétie et de l’Abkhazie dans l’indifférence générale. Il faut dire que ce n’est ni la Crimée Ni le Donbass… Il l’est d’ailleurs depuis longtemps et l’a été dans sa lutte contre le Nazisme. En ces jours de célébration de la victoire de la seconde guerre mondiale, il est important de se rappeler le fort contingent de combattants et de résistants azerbaïdjanais aux côtés des alliés. Il y a d’ailleurs un monument aux morts, aux Résistants Azerbaidjanais à Rodez, dans l’Aveyron.

Par ailleurs, l’Azerbaïdjan subi depuis plus de vingt ans l’occupation de 20% de son territoire, après une guerre dont le Caucase a le secret. L’Arménie voisine -quant à elle- occupe, outre le Nagorny Karabagh, les provinces de Kelbajar, Lachin, Kubatli, Jebrail, Zangelan, Agdam et Fuzuli. Ces sept provinces sont occupées en violation du droit international, la France a d’ailleurs rappelé la semaine dernière son soutien à l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan.

Enfin, l’Azerbaïdjan est un allié stratégique dans la lutte contre le terrorisme et pour la sécurité du Caucase. Petit pays pétrolier coincé entre une Russie armée et agressive au nord, et un Iran objet de toutes les craintes et les espoirs au sud.

Notre allié est pourtant bien mal traité. Peu importe la liberté religieuse, et l’application stricte de la laïcité, signes par ailleurs de sa maturité politique. Peu importe qu’il appartienne à l’Organisation de la coopération islamique et entretienne des relations diplomatiques et économiques avec Israël. Peu importent non plus ses efforts pour atteindre, dans un contexte de conflit armé ouvert avec l’Arménie, les critères démocratiques du Conseil de l’Europe. Non, de tout cela, il n’est jamais question.

Ce petit pays ne dispose d’ailleurs d’aucune diaspora, ni d’aucun chanteur emblématique pour soutenir sa cause. La Première Dame mène pourtant de façon magistrale la fondation Heydar Aliyev qui contribue à des projets de diplomatie culturelle et humanitaire : soutiens aux musées du monde, aux œuvres cultuelles, ouvertures d’écoles ou d’hôpitaux au Pakistan ou dans des pays défavorisée. Rien n’y fait, les bien-pensants n’y voient qu’un moyen d’acheter des soutiens. Cette manie, cette perversion de dénaturer les actes pour les rendre méprisables…

Notre société jalouse et mesquine est incapable de prendre la mesure des actes sauf à travers son propre prisme. S’il y a acte gratuit, c’est que l’on attend une compensation en retour…

Et si ce n’était pas le cas ? Tout cela me fait penser au silence embarrassé des autorités américaines recevant 100 millions de dollars d’aides pour l’ouragan Katrina. Pas UN mot dans la presse, à peine un merci. Tout cela est pathétique.

Pourquoi les journalistes se croient ils tenus de critiquer, sans jamais expliquer, sans jamais nuancer, sans jamais ne mettre aucun élément de contexte, en particulier dans un Caucase aussi complexe et compliqué que l’Orient dont il est le voisin? Pourquoi?

Bien entendu l’Azerbaïdjan a des progrès à faire en matière de démocratie, mais serait-il le seul dans la région, le seul dans le monde qui nous entoure? Pourquoi tant de haine?

Si l’Azerbaïdjan a des amis, il les aurait forcément a achetés… Et bien non, je vous le dis, je suis l’amie de ce pays. J’en connais le peuple. Je travaille pour le retour du million de réfugiés et déplacés des provinces occupées par l’Arménie. Ces centaines de milliers de gens humbles et dignes qui, loin du glamour de Baku, soutiennent l’action du Président pour l’intégrité territoriale de leur pays.

J’ai avec ce pays et ce peuple une amitié longue et vraie. J’aimerais que les journalistes partisans le regardent avec objectivité à la lumière de ce qu’il est: un pays allié en pleine évolution, qui n’a qu’un seul souhait vivre en Paix. Car oui, l’Azerbaïdjan souhaite contribuer à la stabilité, au développement régional et international dans les frontières restaurées de son intégrité territoriale.

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