Les élections en Géorgie: le grand retour de la Russie

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Attention les élections en Géorgie ne sont pas anecdotiques nous ne sommes pas assez attentifs au Caucase  du Sud à ses enjeux et à son importance stratégique. L’élection présidentielle a lieu un an après les élections législatives emportées par le  » rêve géorgien  »  parti du nouveau Premier Ministre Ivanishvilli.

Un an d’une politique d’apaisement envers le grand frère russe dont le précédent gouvernement a voulu, même au prix d’un conflit armé  » don quichottesque  » s’affranchir.

Un an aussi d’une cohabitation difficile marquée par des procédures judiciaires largement médiatisées contre les anciens dirigeants, décapitant ainsi  totalement  et pour longtemps la nouvelle opposition.

Un an de réaffirmation de la volonté du Premier Ministre de poursuivre son rapprochement avec l’Union Européenne et l ‘OTAN.

Cette année a été marquée pour les observateurs par des signes imperceptibles mais existants de changements.

Des débats autour des contrats d’approvisionnement énergétique, des débats autour des projets routiers et ferroviaires qui dirigeraient ces projets vers l’Arménie et la Russie plutôt que vers la Turquie et l Azerbaïdjan, grand investisseur et aussi partenaire majeur du pipeline Baku-Tbilissi-Ceyhan.

Débats qui portent en filigrane de vraies options politiques qui relèvent de la souveraineté absolue du gouvernement géorgien, mais qui doivent être pris en considération par une Europe dont le centre des préoccupations est bien éloigné du Caucase Si on y ajoute un sentiment antimusulman , une défiance corrélative à l’égard des grands partenaires que sont la Turquie et l’Azerbaïdjan, une participation accrue à la vie politique du clergé orthodoxe tout puissant, et enfin les conflits gelés de l’Abkhazie et de l’Ossétie on comprend tout l’intérêt d’un regard attentif à l’élection du 27 octobre.

Lors d’un séminaire OTAN, en mai dernier, à Tbilissi, j’ai interrogé le Premier Ministre Ivanischvili pour savoir s’il avait une baguette magique pour s’affranchir du grand frère russe.

Bien entendu chacun aura compris qu’il n’en avait pas et n’en avait d’ailleurs pas besoin, cette voie n’étant pas inscrite à son agenda.

Les élections de ce dimanche ne sont décidément pas anecdotiques, d’autant que des rumeurs fortes annoncent la démission du tout puissant et grand ordonnateur de la politique géorgienne, le Premier Ministre Ivanischvilli qui retournerait vers le monde des affaires dont il est issu.

La Géorgie est un pays souverain qui a progressé dans la voie de la démocratie depuis la révolution des roses et qui va sans doute en fournir la preuve lors de ce scrutin ,qui pourrait être l’occasion , pour notre diplomatie de refaire elle aussi son retour dans la Caucase ,en temps de paix ,de façon volontaire et affirmée.

Nathalie Goulet vice présidente du groupe d’amitié France Caucase du sud au Sénat

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